C’est la question brûlante de ce milieu de semaine. Les grandes plateformes du web américain vont peut-être devoir verser une partie de leurs revenus aux éditeurs de la presse papier outre-Atlantique. En effet, les journaux accentuent leur pression sur les GAFA dans l’espoir d’avoir accès à un meilleur partage des revenus publicitaires que créent leurs articles.

Presse américaine : une chute interminable.

La semaine dernière, c’est la NMA : News Media Alliance, le puissant  syndicat de l’édition nord-américaine ( qui compte pas moins de 2000 éditeurs ) qui a  tenté un ultime effort de lobbying. Elle publiait en effet une étude indiquant que Google aurait touché 4,7 milliards de dollars de revenus publicitaires grâce aux articles de la presse web. A nuancer sans doute, car ce chiffre est proche du total publicitaire de Google. Total qui est de 5,1 milliards de dollars pour l’exercice 2018.  Cependant, la véracité de cette étude a aussi été contestée. En effet, Google ne communique plus sur ses chiffres publicitaires depuis 2008.

Ce qui est certain en tout cas, c’est que l’industrie de la presse papier traverse une crise majeure. Crise qui l’ébranle en profondeur. Les premières turbulences sont arrivées en 2004 et depuis, 45% des effectifs des groupes ont fondu à en croire cette étude. Cette décroissance s’explique par une raison simple : la baisse des tirages, liée à des volumes de vente chaque année décroissants. Or, à l’exception de deux journaux nationaux : le NY Times et le Washington Post, tous les autres acteurs de la presse américaine voient leurs revenus chuter. Sans pour autant êtres compensés par la publicité en ligne ou les abonnements numériques. Ce projet de loi va donc plus loin qu’une simple « bataille de loge ». Il s’agit ici d’acter la survie pure et simple de la presse américaine. Telle qu’elle existe depuis plus d’un siècle.

La question des revenus publicitaires : quels positionnements ?

C’est donc sur la scène législative que va se jouer la bataille. Et l’industrie des médias entends la mener tambour battant contre les GAFA. L’objectif est simple : obtenir une dérogation au droit de la concurrence pour être autorisés à négocier face à Google ou Amazon. A la clef : une plus juste redistribution des flux monétaires issus de la publicité. Mais ce n’est pas tout. Car ce n’est pas la seule lutte dans laquelle sont empêtrés les GAFA.

Nous parlons ici du respect de la concurrence (ce qu’on appelle plus généralement la « régulation » des géants du web). Et c’est ce point qui est dans le viseur de la FTC (Federal Trade Commission). Cette dernière, le 3 Juin dernier a décidé de se pencher sur deux points qui cristallisent les tensions. Premièrement les rachats d’entreprise qui renforcent la domination des GAFA. Et secondement, la mise en place de ces plateformes pour discréditer la concurrence (telles que WhatsApp). Dernier exemple en date : Facebook qui souhaite fusionner Instagram, WhatsApp et une autre plateforme de messagerie. Or, depuis la loi antitrust de 1931 et son renforcement en 1999, peu de législateurs au congrès restent favorable à de tels superstructures privées.

La question est posée. Assaillis de toutes parts les GAFA sont maintenant à une page cruciale de leur histoire. Vont-elles poursuivre dans ce sens ? Ou se décideront-elles à partager ?

Finalement, c’est donc une bataille sans merci que se livre l’administration et les GAFA. A la clef : l’enjeu de ressources économiques immenses évidemment. Mais surtout une décision. Celle de la vie, ou de la mort, de la presse nord-américaine.

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