Longtemps cantonnées au domaine de la science-fiction, les voitures autonomes sont depuis quelques années l’un des centres de l’attention médiatique. Après les déclarations fracassantes de certains GAFA ou de géants de la livraison sur la possibilité de se faire livrer par des robots, ce futur semblait donc accessible. Il manquait cependant à ce beau tableau quelques autorisations. Mais, n’est-ce vraiment que cela ?

 

Première mondiale en Californie

Ce n’est un secret pour personne, les sociétés américaines possèdent une réelle avance sur leurs homologues européennes. Surtout dans le secteur automobile. Et cette avance ne risque pas de se réduire dans la mesure où une première mondiale a récemment eu lieu en Californie. En effet, la société Waymo, filiale d’Alphabet, a obtenu l’autorisation dans une zone délimitée d’utiliser des véhicules autonomes, sans conducteurs à l’intérieur.

Car, contrairement à l’ensemble des autres constructeurs (dont voici la liste) qui eux ont l’obligation d’avoir un conducteur au sein de leurs véhicules autonomes, Waymo peut dès à présent expérimenter sur une portion délimitée du territoire californien sa flotte autonome. Nuance toutefois, il s’agit de véhicules de livraison uniquement, de moins de 4,5 tonnes et effectuant des livraisons gratuites.

Pour en comprendre l’enjeu, il faut souligner le vide juridique qui règne aux États-Unis.  Le système fédéral en vigueur donne le pouvoir aux différents états en matière de législation routière. Ce qui est possible en Californie ne l’est donc pas obligatoirement ailleurs. Notons également que les différents systèmes technologiques, actuellement en place dans les flottes qui circulent, sont conçus pour des environnements typiquement américains. Rues larges, bien délimitées, ensoleillées et surtout, rectilignes. L’environnement européen est moins propice au développement de ces voitures. D’où une approche plus circonspecte des constructeurs européens.

 

Un marché frileux

Alors pourquoi autant d’agitation autour de cette nouvelle. Car l’enthousiasme du public pour les voitures sans conducteur est retombé. Tout comme les missions Apollo dans les années 1970 qui ont été sur la lune, c’est l’effet de surprise qui a d’abord primé. Pour ensuite glisser discrètement vers un désintérêt toujours plus grand du public. C’est pour cette raison que désormais, les constructeurs misent sur une intégration de la voiture autonome dans la smart-city.

Alors pourquoi le marché ne s’envole-t-il pas ? Tout d’abord à cause de la peur qui bâillonne les automobilistes. Selon un sondage mené par l’American Automobile Association, 71% des sondés déclarent avoir peur de monter dans une voiture autonome. En cause : la sécurité. Le décès d’un cycliste lié à une voiture autonome d’Uber a suscité un fort émoi dans les différentes classes américaines. Le coût ensuite demeure un problème. Alors que l’électrique n’est toujours pas accessible au plus grand nombre chez les américains, les capteurs de détection autonome représentent pour l’instant un surcoût qui n’est absolument pas supportable pour des particuliers.

Ce qui fait dire à certains experts du secteur que la technologie, contrairement aux annonces d’Elon Musk (le charismatique président de Tesla Motors) ne sera sûrement pas prête pour 2021. Des constructeurs généralistes comme Ford ou Général Motors, estiment que l’autonomie totale sera effective d’ici 2030. D’autres, comme le puissant Volkswagen estiment tout bonnement que nous n’arriverons peut-être jamais aux voitures autonomes.

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