Inventé à l’aube des années 2000 au cœur de la Silicon Valley le CHO est au cœur même d’une vive polémique ces derniers temps. Beaucoup se posent en effet la question : est-il vraiment utile ?

Est-ce le règne de la tyrannie du bonheur ? Ou bien l’entreprise qui emploie un CHO aborde-elle la question du « bien-être » au travail sous le mauvais angle ? Faut-il intégralement repenser la relation travail-bonheur des employés ? Autant de questions auxquelles Tech Me Up’ va tenter de vous proposer des pistes de réflexion.

Qu’est-ce qu’un CHO ?

Chefs d’orchestre du bonheur en entreprise ? Derrière ce titre accrocheur se cache une réalité plus complexe. Un chiffre tout d’abord, en France on estime entre 500 et 1000 le nombre de ces CHO. Essentiellement en Ile-de-France, mais aussi dans les grandes métropoles de région. Derrière ce chiffre, c’est une myriade d’acteurs dont les missions sont somme toute assez différentes les unes des autres. Petit déjeuner d’entreprise, création de salle de sieste, discussion sur la « happy culture » : autant de sujets variés qui ont pour but de diriger la culture d’entreprise vers la convivialité.

Derrière les postes de CHO on retrouve principalement d’anciens directeurs juridiques, des managers en marketing, des responsables de la communication interne. La réalité c’est qu’il n’existe aucune formation particulière pour ce genre de poste. Et ce d’autant que leurs missions restent floues et différentes d’une société à l’autre.

Ce qui importe donc ce sont les leviers de décision. Actuellement beaucoup de ces « feel good » managers n’ont pas encore accès à des niveaux de responsabilité qui permettent réellement de transformer l’entreprise. Car en effet, sans levier de décision, comment vraiment influencer les décideurs, négocier avec les partenaires sociaux ou changer durablement le mode de vie de l’entreprise ? La question est donc posée : un CHO efficace doit-il obligatoirement siéger au conseil d’administration ?

 

Un problème d’image

En France, l’image du CHO est négativement connotée. Beaucoup d’entreprises dont la stratégie était incertaine concernant la mise en place d’un CHO se retrouvent aujourd’hui hésitante. Le cas le plus flagrant est celui de l’entreprise Kiabi. En effet, après le départ de l’ancienne DRH monde Christine Jutard la marque n’a pas souhaité reconduire l’expérience.

D’ailleurs dans l’hexagone le terme est régulièrement associé au terme de « chauffeur de salle » ou encore « d’animateur » ou encore de « G.O ». Une image négative avec des termes marquants qui continuent de dévaloriser le rôle du CHO. Un poste cosmétique, aux visées purement marketing pour faire des actions peu efficaces ? C’est du moins le constat que pose Pascal Grémiaux fondateur de Eurecia (logiciel RH) dont l’entreprise est labélisée « great place to work ».

Le CHO serait-il alors passé de mode ? Ou peut-être n’est-il en réalité qu’un outil comme un autre : nécessaire, mais à utiliser en harmonie avec d’autres.


Le bonheur est-il vraiment abordé sous le bon angle en entreprise ? 

Faut-il rendre les employés heureux dans leur travail ? Ou qu’ils aient des compensations suffisamment fortes à côté du travail pour supporter leurs journées au bureau ? La question est complexe.  Mais la réponse se trouve aussi dans la question. En termes de productivité, mieux vaut un salarié épanoui plutôt que malheureux. D’ailleurs, si les clefs du bien-être en entreprise vous trouverez des réponses ici.

Mais alors, un employé heureux s’implique-t-il davantage ? C’est ce que tendent à prouver les différentes études qui ont tenté d’aborder la question. Mais de gros écueils demeurent en fonction des typologies des postes occupés, des temps de trajets ou encore de l’harmonisation vie professionnelle-vie privée. Car dans les faits, bonheur et engagement au travail ne sont pas les mêmes choses.

Nous le voyons la tâche du CHO est complexe :  d’une part les entreprises demeurent dubitatives quant à l’impact réel qu’il peut avoir, surtout quand le CHO ne siège pas en conseil d’administration. De même la notion de bonheur même est complexe et revêt une multiplicité de facettes qui ne sont pas toutes reliées à la seule notion du travail. Dans tous les cas le bonheur au travail ne doit pas faire s’éteindre le pessimisme. Car du pessimisme nait la résilience mentale. Et de la résilience la force de construire mieux.

 

Comme souvent, c’est l’expérience qui prévaut. La culture d’entreprise est différente dans chaque société. Tout comme le bonheur des employés. Alors maitriser le bonheur de ceux-ci oui. A condition de ne pas empiéter trop loin dans la vie privée. L’expérience permet de faire cette distinction, ce que savent les bons CHO.

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